Arrêt maladie avant ou après des congés : quels sont vos droits ?

5 min de lecture Par Olivier

Les congés payés sont un moment privilégié de repos et de déconnexion, attendu avec impatience par tous les salariés. Malheureusement, les aléas de la santé ne respectent pas toujours les calendriers établis. Tomber malade à l’approche de son départ en vacances, ou voir son état de santé se dégrader dès le premier jour de repos, est une situation extrêmement frustrante qui soulève de nombreuses interrogations juridiques. Les règles diffèrent fondamentalement selon que la prescription médicale intervient avant la date fixée pour le départ en congés ou pendant le déroulement de ceux-ci. La question de l’arrêt maladie avant et après des vacances cristallise souvent les tensions entre les salariés, désireux de préserver leur droit au repos, et les employeurs, soucieux de la continuité de l’activité de l’entreprise.

Tomber malade avant le départ en vacances

La jurisprudence française, soutenue par le droit européen, est très protectrice pour le salarié lorsque la maladie survient avant le début de ses congés payés. Si votre médecin vous prescrit un arrêt de travail qui débute avant la date officielle de vos vacances, le contrat de travail est suspendu pour cause de maladie. Les congés payés qui devaient être pris pendant cette période ne sont pas perdus : ils sont obligatoirement reportés. À l’issue de votre arrêt maladie, vous pourrez exiger de votre employeur la fixation de nouvelles dates de congés, même si la période légale de prise des congés (souvent fixée au 31 mai) est dépassée. Ce droit au report est inaliénable. Pendant la durée de l’arrêt, vous percevrez les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) complétées par l’indemnisation de votre employeur (si vous remplissez les conditions d’ancienneté). Vous n’avez pas l’obligation de comment annuler votre arrêt de travail pour “sauver” vos vacances, la loi s’en charge en reportant vos jours de repos acquis.

L’arrêt de travail pendant les congés payés : l’évolution de la loi

Jusqu’à récemment, la règle française était défavorable au salarié qui tombait malade pendant ses vacances : le premier motif de suspension du contrat (les congés) primait sur le second (la maladie). Le salarié perdait donc ses jours de congés sans possibilité de report, sauf disposition conventionnelle plus favorable. Cependant, sous l’impulsion de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) et d’un récent revirement de la Cour de cassation (septembre 2023) consacré par la loi en 2024, les règles ont radicalement changé. Désormais, si vous tombez malade pendant vos vacances, vous avez le droit de reporter les jours de congés qui ont coïncidé avec votre arrêt maladie. L’objectif est de garantir que le salarié puisse effectivement se reposer, la maladie ne pouvant être assimilée à un temps de repos. Vous percevrez donc vos indemnités maladie à la place de l’indemnité de congés payés pour la période concernée.

Les démarches obligatoires en cas de maladie en vacances

Pour bénéficier de ces droits protecteurs, le formalisme doit être strictement respecté, particulièrement si vous êtes malade loin de chez vous. Vous devez consulter un médecin sur votre lieu de villégiature pour faire constater votre état de santé. Le certificat médical doit être transmis à votre employeur et à votre Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) dans le délai légal de 48 heures. Cette exigence est la même, que vous soyez en France ou à l’étranger (bien que les démarches puissent être plus complexes hors de l’Espace Économique Européen). Par ailleurs, comme lors d’une absence classique, vous devez respecter les horaires de sortie autorisés, et l’employeur peut théoriquement diligenter un contrôle médical (bien que cela soit rare si vous êtes loin de votre domicile). L’employeur, de son côté, n’est pas autorisé à vous envoyer des SMS ou e-mails professionnels exigeant une réponse pendant votre arrêt maladie, même si celui-ci se déroule techniquement sur une période où vous deviez initialement être injoignable pour cause de vacances.

Le retour d’arrêt maladie et l’organisation de l’entreprise

À votre retour, la reprise du travail peut nécessiter une réorganisation. Si votre arrêt maladie et/ou la prise de vos congés reportés s’étalent sur une longue période (au-delà de 60 jours pour une maladie non professionnelle), une visite médicale de reprise auprès de la médecine du travail sera obligatoire. L’employeur devra alors organiser les nouvelles dates de vos congés reportés, en fonction des nécessités du service. Il est important de maintenir un dialogue constructif. Cette souplesse s’applique d’ailleurs à d’autres types d’absences encadrées, comme les dispositions spécifiques au congé paternité sous la convention Syntec, où l’anticipation et la planification sont la clé d’une absence bien gérée pour le collaborateur comme pour l’entreprise.

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