RTT et préavis de démission : vos droits pour poser vos jours

Le moment est venu, la lettre de démission est posée. Une page se tourne, mais avant de refermer définitivement ce chapitre professionnel, une période de transition s’ouvre : le préavis. C’est un couloir de temps où s’entremêlent la passation de dossiers, les au revoir et des questions administratives parfois épineuses. Parmi elles, l’une revient avec insistance : que faire des jours de Réduction du Temps de Travail (RTT) accumulés ? Peut-on les poser pour raccourcir son préavis, ou sont-ils voués à être perdus ou monétisés ? La réponse, loin d’être univoque, se dessine à la croisée du Code du travail, des accords d’entreprise et du dialogue avec son employeur.

Comprendre le cadre légal des RTT et du préavis

Avant de plonger dans le vif du sujet, il convient de poser les fondations. Les jours de RTT sont nés des lois sur la réduction du temps de travail à 35 heures par semaine. Ils représentent une compensation en jours de repos pour les salariés dont la durée de travail effective est supérieure à cette limite légale. Leur mise en place et leurs modalités de prise ne sont pas directement régies par le Code du travail, mais par un accord d’entreprise ou, à défaut, une convention collective. C’est le premier document à consulter pour connaître vos droits spécifiques.

Le préavis de démission, quant à lui, est une période pendant laquelle le contrat de travail continue de produire tous ses effets. Son objectif est double : permettre à l’employeur de s’organiser pour remplacer le salarié partant et donner au salarié le temps de préparer sa transition. Le principe de base est donc que le préavis doit être une période de travail effectif. La prise de congés ou de RTT durant cette période constitue une exception et non un droit acquis, contrairement à une idée répandue.

La prise des jours de RTT pendant le préavis : quelles sont les règles ?

La gestion de la combinaison rtt et préavis démission est souvent source de questionnements. La possibilité de poser ses jours de RTT dépend principalement du moment où la demande est faite et, surtout, de la volonté des deux parties. Il faut distinguer deux cas de figure principaux. Le premier est celui où les jours de RTT avaient déjà été posés et validés par l’employeur avant la notification de la démission. Dans cette situation, sauf disposition contraire dans votre accord d’entreprise, la pose des RTT est maintenue. Le préavis se déroule normalement et n’est pas prolongé par ces jours d’absence.

Le second cas, plus fréquent, est celui où le salarié souhaite poser ses RTT après avoir annoncé son départ. Ici, un commun accord avec l’employeur est indispensable. Vous pouvez formuler une demande, mais votre employeur est en droit de la refuser s’il estime votre présence nécessaire au bon fonctionnement de l’entreprise durant cette période de transition. Un refus ne doit cependant pas être abusif. Si l’employeur accepte, les jours de RTT peuvent être pris. Une différence fondamentale avec les congés payés est que la prise de RTT n’a pas pour effet de suspendre le préavis : celui-ci continue de courir et sa date de fin reste inchangée.

Que se passe-t-il si les RTT ne sont pas pris ? L’indemnité compensatrice

Si vous ne pouvez ou ne souhaitez pas poser vos RTT restants, la question de leur paiement se pose. Malheureusement, la réponse n’est pas toujours favorable au salarié. La loi ne prévoit pas d’obligation de verser une indemnité compensatrice pour les jours de RTT non pris à la fin du contrat. Tout dépend, encore une fois, des dispositions prévues par l’accord collectif applicable à votre entreprise. Si vos RTT sont stockés sur un compte épargne-temps (CET), la situation est plus claire : les droits acquis sur ce compte vous seront normalement payés avec votre solde de tout compte.

En l’absence de CET et si l’accord d’entreprise ou la convention collective ne mentionne rien sur le paiement des RTT non pris en fin de contrat, les jours ne sont pas systématiquement payés. Ils peuvent être considérés comme perdus. Il est donc primordial de vérifier le contenu de ces textes. La vérification de son solde de tout compte est une étape essentielle pour s’assurer que tous les paiements dus ont été effectués correctement. Il est toujours sage d’être vigilant sur ces aspects financiers, surtout en cas de litige financier, comme si vous avez reçu un virement par erreur de la part de l’entreprise. Une bonne connaissance de ses droits est un atout, y compris pour se défendre face à des situations plus complexes comme l’éventualité d’une escroquerie au jugement.

Différences clés entre RTT et congés payés durant le préavis

La confusion entre RTT et congés payés est fréquente, mais leurs régimes sont bien distincts, surtout lors d’un préavis. La principale différence réside dans l’impact de leur prise sur la durée du préavis. Comme mentionné, prendre des jours de RTT validés par l’employeur ne modifie pas la date de fin du contrat. À l’inverse, la prise de congés payés (validés par l’employeur) pendant le préavis suspend celui-ci. Concrètement, cela prolonge le préavis d’une durée égale au nombre de jours de congés pris. La date de votre départ effectif est donc repoussée.

Une autre distinction majeure concerne leur paiement en fin de contrat. Les jours de congés payés non pris donnent systématiquement lieu au versement d’une indemnité compensatrice de congés payés. C’est une obligation légale. Pour les RTT, comme nous l’avons vu, leur paiement est conditionné à l’existence d’un accord d’entreprise le prévoyant ou à leur placement sur un CET. Comprendre ces nuances est essentiel pour bien gérer la combinaison rtt et préavis démission, préavis démission et rtt, démission rtt, rtt démission, démission rtt préavis, congés pendant préavis, et ainsi organiser sa sortie de l’entreprise sans mauvaise surprise.